Bisao

Bisao

Instructor

On m’appelle « Bisao ». Le Bison.

Je porte cet « appellido » (surnom propre à chaque capoeiste qui le désigne dans le monde de la capoeira et correspond à une caractéristique physique, un trait de caractère, un souhait) en souvenir de mes premiers pas dans la capoeira. A l’époque, rugbyman assidu, je réagissais aux coups en baissant la tête et en fonçant sur mes adversaires pour leur prodiguer des placages.

J'aime penser que mon Mestre a vu en moi un Buffle des steppes africaines. Placide, mais dangeureux.

Bisao

Né à Lille il y a très longtemps, j’ai toujours été sportif.

J’ai pratiqué alternativement le tennis, la natation, la course à pied, le football, un peu de basket, la gymnastique et la boxe française très brièvement et enfin le rugby avec beaucoup d’assiduité. En sus de cette culture sportive, j’ai validé mon BAFA (il y a très longtemps). J’ai également entraîné des équipe de rugby universitaires pendant 2 saisons.

Ma passion?

Tansmettre.

Me confronter à la complexité de l’autre à s’approprier les fondamentaux d’un sport.

Voir les individus s’autonomiser et s’épanouir dans une pratique sportive.

En septembre 2002, sur les conseils avisés de mon grand frère, j’ai poussé la porte de mon premier cours de capoeira à Wazemmes. Je cherchais une activité qui me permettrait de passer moins de temps avec mes collègues rugbymans (que je voyais 5 jours sur 7) tout en travaillant de façon efficace et ludique ma condition physique. Ambiance martiale. Stress face au constat que quand même, les coups partaient vite et que je manquais de l’élémentaire souplesse après 27 années sans étirements. Mais cette musique qui tournait en boucle. Ces sourires sur les visages des élèves avancés (Molege, Kunta, Osga, encore merci). Cette solidarité qui s’est vite créée entre débutants (Quebra, Morcego, Faisca, Siri vous êtes mes frères), ça m’a convaincu. Dès ce premier cours, je suis entré dans la ronde, le premier. La passion ne m’a pas quitté depuis.

Dans un premier temps, je me suis contenté d’un cours par semaine. Je m’entrainais. Je rentrais dans la ronde. Je me faisais régulièrement tapé dessus. Et je rentrais chez moi, comblé.

Un sport de contact (comme le rugby), qui développait la résistance, l’acuité visuelle, le maîtrise du stress, la faculté à prendre des décisions rapidement, le sens du déplacement.

Que demander de plus?

Ah oui, un sport mixte. Avec des très jeunes, des presque vieux, des Demoiselle et des Madames, des ingénieurs et des collégiens, des apôtres d’Only the strong et des lecteurs de Spinoza. Et une découverte de la culture brésilienne grâce à mon Mestre Jota Jota.

J’ai fini, à force de voir mes collègues tenter (et réussir parfois) des Fohla Seca et des Saltos mortal, j’ai fini par venir à l’occasion à une seconde séance, et à m’intéresser au plus près au fonctionnement de notre école.

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Cleiton

Depuis, j’ai poursuivi ma route.

Sur mon chemin, j’ai eu l’occasion de suivre les enseignements de Mestre Rey (Filhos do Africa à Bourges), de Mestre Branco (Ginga Nago à Nantes) et de Contre Mestre Temporal (Origens do capoeira à Bruxelles).

Avec l’assentiment de mon Mestre (que je remercie pour cette liberté), j’ai pu enrichir ma vision de la capoeira, ma compréhension de ses enjeux. J’ai pu perdre (des jeux, du poids), gagner (une compétition de Benguela), chanter, souffrir (suite à une fracture du bras ou à une blessure sur le crâne), rire.

J’ai pu grandir, accumuler, digérer pour en arriver à une situation où je suis en mesure de transmettre pour continuer à grandir.

La capoeira ne sert à rien. La capoeira n’a pas d’utilité, de valeur marchande selon moi. Je me rapproche des anciens mestres de Bahia, pour la plupart morts dans la pauvreté, qui dispensaient leur savoir dans les quartiers déshérités du Brésil. C’est la transmission de ce que je suis, de ce que j’ai reçu qui m’importe. La transmission d’un savoir qui exige temps, écoute, humilité, discipline et dépassement de soi. Qui exige aussi une confiance mutuelle.

C’est ce qui m’amène à présenter humblement ce que je sais (ou plutôt ce que je pense avoir compris) de la capeoira. De rappeler l’importance des rituels d’ouverture et de fin, de la conduite des jeux dans la roda, de la signification des chants et des toques. Pour rappeler que la maîtrise suppose l’EFFORT et la PERSEVERANCE.

Depuis septembre 2011, je propose d’initier les téméraires à cette pratique partiulière. En me fondant sur trois valeurs essentielles:

– Le RESPECT

– L’EFFORT

– La PAIX

Je ne suis pas brésilien.

Non, je ne suis pas « un capoeiriste professionnel ».

Et pourtant, j’ai la chance d’avoir quelques élèves qui me suivent, qui m’élèvent, qui me mettent au défi de les enthousiasmer toutes les semaines, tous les samedis, certains mercredi soir. J’ai la chance d’avoir des parents convaincus qui me laissent la charge de leurs progénitures et s’impliquent à chaque évènement.

C’est aussi ça la magie de la capoeira. C’est une pratique universelle qui s’enrichit de l’apport de tous.